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Votre document d'enregistrement universel (URD) en toute sérénité

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Les émetteurs doivent profiter de la nouvelle réglementation

14/10/2020 Dans un entretien exclusif accordé à BRIEF, Olivier Desprez, directeur-associé chez EY, analyse et commente les nouvelles dispositions réglementaires concernant le rapport financier annuel.

Le Document d’Enregistrement Universel –URD dans le jargon adopté par la place–, est finalement un document de référence augmenté de chapitres comme les données extra-financières, la gestion des risques ou la stratégie. En quoi est-ce un progrès à vos yeux ?

Olivier Desprez : Le principal progrès de mon point de vue est qu’il est applicable à tous les pays européens, remplaçant un document de référence uniquement français. De ce point de vue le principal progrès est pour l’investisseur. Par ailleurs, l’autre changement notable (et cela intéresse toutes les parties prenantes) tient dans l’objectif d’amélioration du descriptif sur les risques. Le principal objectif est de ne plus produire de descriptions génériques des risques mais de présenter, sous un nombre de catégories limité, une description plus spécifique, et d’évaluer les risques en commençant par les plus significatifs. Il est sans doute un peu tôt pour savoir si cet objectif est atteint pleinement mais il est pertinent.

Parallèlement à la nouveauté URD, la réglementation exige dorénavant un tagging de certains tableaux financiers, à la norme ESEF. Quelles conséquences anticipez-vous pour les émetteurs comme pour les investisseurs ?

OD : Pour répondre à cette question, il est important de se replonger dans la genèse du projet qui est issu de la directive transparence de l’UE car tout y est. Les avantages induits de l’ESEF tant pour les émetteurs que les investisseurs sont l’harmonisation et la comparabilité des états financiers consolidés pour tous les émetteurs, une facilité de lecture et d’accessibilité. En revanche, il faut admettre que pour les émetteurs, ces avantages sont peu perceptibles et largement contrebalancés par la nécessité de déployer de nouveaux outils et d’intégrer de nouvelles étapes dans leur processus de clôture de comptes déjà très serré, sans compter les aspects budgétaires. Néanmoins, il semblerait que le cours des actions des sociétés qui publient les états financiers sous cette nouvelle technologie XBRL augmente plus que celui des autres. Pour les investisseurs, en particulier les analystes, il s’agit d’un vrai gain temps pour réaliser leur note avec une réelle facilité d’accès à la donnée.

Mais pour les émetteurs, il y a tout de même quelques difficultés techniques à surmonter pour parvenir à respecter la nouvelle réglementation… 

OD : Les difficultés rencontrées par les émetteurs ne sont pas forcément techniques, car la production du document au format XBRL sera sous-traitée. En revanche il y a de réelles difficultés organisationnelles pour que les directions concernées par le projet (financière, juridique, IT, relation investisseur) dégagent de la bande passante pour gérer le projet avant la clôture 2020 dans le contexte inédit que nous connaissons.

Ces nouveaux dispositifs sont-ils selon vous facteurs ou vecteurs de confiance ? 

OD : À ce stade, il est difficile de répondre à cette question car dans les faits ce besoin de moderniser le format des états financiers ne venaient pas des émetteurs ni des actionnaires mais uniquement des analystes. Des études ont été menées sur les actions cotées aux États-Unis qui tendent à démontrer le lien entre le cours de bourse et l’utilisation de la technologie XBRL. Néanmoins, les avantages induits par la directive transparence sont par essence des facteurs de confiance.

En conclusion, que recommandez-vous aux émetteurs pour profiter de cette nouvelle réglementation ? 

OD : Les émetteurs doivent profiter de cette nouvelle réglementation –qui va impacter leur processus de production et de publication des comptes–, pour se moderniser. Il est souhaitable de ne pas traiter ce sujet comme une contrainte réglementaire qui consisterait à devoir produire un « nouveau » document en plus des autres documents légaux mais aussi et surtout à repenser leur processus en mettant en place des outils plus performants, comme ceux de Disclosure Management, qui permettent de réduire le temps de production et d’éviter des erreurs.

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